05 mai Une fois ses annees de voyeurisme avouees, Simon Lamarre risquait une peine variant de gui?re grand-chose a presque rien.
L’homme reste un candidat a la rehabilitation, et le ministere public requerait 1 simple « sursis de peine ».
La defense plaidait pour une « absolution conditionnelle ».
Il n’etait donc pas question que votre ancien prof du primaire s’en aille en prison pour avoir filme sous les jupes de filles – beaucoup, beaucoup de filles.
Lundi, le juge Jean-Jacques Gagne lui a accorde une absolution, conditionnelle a 150 heures de travaux communautaires et a la poursuite de sa therapie.
Ce n’est gui?re si eloigne de ce que reclamait l’avocate du Directeur des poursuites criminelles et penales (DPCP). A ce detail pres : l’homme de 40 annees verra le casier judiciaire officiellement efface des registres s’il se conforme a ces conditions. C’est ca, l’absolution.
C’est plus qu’un detail, en fait. Sans antecedent judiciaire officiel, l’homme de 40 annees pourrait techniquement retrouver 1 poste d’enseignant.
Ca n’aurait pas vraiment de sens.
C’est grand : des absolutions paraissent souvent prononcees Afin de nos delinquants sans antecedent ; dans le contexte de delits relativement mineurs, ou d’accidents de parcours. Une « deuxieme chance » qui evite l’expulsion a des gens sans statut, la perte d’un emploi Afin de des personnes devant traverser des frontieres, etc.
Di?s que l’interet particulier du delinquant le achat, et que l’interet public ne serait pas atteint, le juge peut a l’occasion prononcer une telle absolution.
Notre hic dans ce cas-ci, c’est que la deviance du prof Lamarre n’est gui?re claque d’un moment d’egarement ou 2. Ses actes s’etalent via au moins trois annees. Ca ressemble a un mode de vie. Son ex-conjointe avait decouvert une serie de videos de dessous de jupes de filles dans le ordi – ou plutot celui de son employeur. J’ai police a organise une filature. Et on l’a promptement arrete.
Cela visait systematiquement des adolescentes – en particulier des collegiennes de 15-16 annees. Cela les suivait dans les escaliers mecaniques, a Notre plage, etc. Cela s’arrangeait pour placer son telephone sous leur jupe et filmer leur sexe.
Le juge note, au chapitre des facteurs attenuants, que les actes n’ont « laisse aucune sequelle a toutes les victimes ».
Mais par definition, un acte de voyeurisme dont les victimes ne semblent nullement au courant ne peut jamais leur laisser de sequelles. Demandez-leur ce qu’elles en pensent, si elles savent que un intimite a ete violee, qu’un type s’excitait en regardant leur sexe en gros plan…
Mieux i nouveau : le juge note qu’il n’y a gui?re eu de « violence ou de menaces a l’egard des victimes ».
L’argument ne tient pas la route. S’il y avait eu des gestes de violence ou des menaces, ca n’aurait pas rendu le voyeurisme plus i fond ; il s’agirait de crimes supplementaires.
Claque de ne pas commettre d’autres crimes, plus graves, ne pourra gui?re etre considere tel un facteur favorable a votre accuse.
Cela reste grand que l’homme a perdu son emploi dans une ecole primaire. Il exprime des remords et suit serieusement une therapie. D’apres les rapports psychosociaux, il represente votre va parfois recidive « entre faible et modere ». Il ne fera aucun doute qu’avec votre casier judiciaire, il ne pourrait gui?re retrouver un emploi d’enseignant. C’est sans doute mieux ainsi…
Un des aspects nos plus etranges de votre affaire, c’est que Lamarre a fait l’objet d’un long reportage ma collegue Marie-Eve Morasse, en juin 2021, sur un de l’ensemble de ses sujets de predilection, qu’il expliquait brillamment : l’importance en presence d’hommes en enseignement Afin de le succi?s scolaire des garcons.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Simon Lamarre, photographie au printemps dernier en prevision d’un long reportage d’la Presse
Ce qu’on ignorait a l’epoque, mais que lui savait evidemment, c’est qu’il est deja accuse devant la cour criminelle. Cela s’est donc expose lui-meme dans un media, bien en sachant qu’il faisait face a ces accusations, Afin de lesquelles il allait plaider coupable 2 mois apri?s.
Le juge parait impressionne avec claque que Lamarre ait obtenu un doctorat en enseignement. Cela ne faudrait pas « neutraliser le savoir » de Lamarre par un casier judiciaire, ecrit-il.
Encore la, s’il s’etait agi d’un incident isole… Mais on parle de gestes repetes sur des annees. Desquels il a tente de se justifier d’abord via l’attitude de son ex.
Notre juge ne souhaite pas datingmentor.org/fr/countrymatch-review/ « accroitre l’isolement » de l’ex-prof. Mais un simple sursis de peine, une mesure somme toute assez clemente que proposait la poursuite, preserverait sa liberte et ne l’empecherait aucune se reorienter, dans la mesure ou il respecterait les conditions. On a excellent etre pour la reinsertion sociale, l’interet public achat d’eloigner cette categorie des ecoles.
Le juge reconnait le « degout » devant nos actes, mais se met en garde contre sa propre repulsion. Cela ne « banalise pas les gestes », insiste-t-il.
Pourtant, a ecouter sa decision au complet, il glisse particulierement vite sur les faits, un premeditation, leur repetition, l’age des victimes, etc. Ce qui revient assez clairement a les banaliser avec une telle absolution.
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